Un missel toujours très ordinaire

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Dans Présent de demain, Jean Madiran consacre un article à l’édition 2012 du Missel des dimanches. Depuis l’apparition de cet étrange livre de messe, qui a fait entrer l’Église catholique dans le monde de la consommation, Jean Madiran observe attentivement ce qui est proposé dans ce missel kleenex. Cette année, il note un progrès :

 

La Très Sainte Vierge y a retrouvé son titre de patronne principale de la France, et les deux patronnes secondaires y ont elles aussi retrouvé le leur.

 

Mais les motifs d’étonnement sont aussi au rendez-vous. J’en cite quelques-uns parmi ceux pris en exemple par Jean Madiran :

 

En principe, dans la liturgie catholique, on fait à la messe mémoire d’un saint (par une oraison supplémentaire) quand sa fête est éclipsée par une autre plus importante.

Il est donc inattendu de faire mémoire (p. 96) de Léopold Sédar Senghor et de « son importante œuvre poétique [qui] lui a valu d’être élu à l’Académie française en 1983 ».

 

Cela s’aggrave avec la célébration, page 405, de l’indépendance du Ruanda et du Burundi ; et aussi, et surtout, celle de la tragique indépendance de l’Algérie : les auteurs de ce missel, décidément apatrides de cœur, semblent y voir une fête joyeuse ; et quelle absence de la plus simple humanité en face des horribles massacres en masse qui furent le premier acte de cette Algérie indépendante.

Quoi que l’on puisse penser de ces mémoires profanes, on atteint un autre degré d’étrangeté quand on en vient aux mémoires religieuses.

Le 15 juillet : « Dans la communauté musulmane, début du Ramadan ».

Le dernier dimanche d’octobre : « Dimanche de la Réformation pour les communautés protestantes ».

Pour le 15 novembre : « Dans la communauté musulmane, Raas Assana (nouvel an) ».

Mais on aura eu auparavant le 17 septembre : « Dans la communauté juive, Roch Hachana ».

Et pour le 26 septembre : « Dans la communauté juive, Yom Kippour (jour du pardon) ».

Il me semble pourtant que le nombre de fêtes religieuses non catholiques est en légère diminution. On serait donc, mais très lentement, sur la bonne voie.

 

 

On lira avec intérêt la suite de son étude. Il soulève par ailleurs une véritable question concernant la traduction toujours fautive du Credo :

 

Le « consubstantiel » est toujours exclu, remplacé par un insignifiant « de même nature ». Nous présenter ce Credo comme le « symbole de Nicée-Constantinople » n’est pas honnête. Quand le symbole de Nicée fut non pas modifié, mais complété à Constantinople, on eut l’honnêteté de ne plus dire : « le symbole de Nicée », mais de dire : « le symbole de Nicée-Constantinople ». La même honnêteté exigerait que le Credo de l’Eglise de France soit présenté comme le « symbole de Nicée-Constantinople-Paris », ou peut-être comme un fruit de l’« esprit du Concile », c’est-à-dire le « symbole de Nicée-Constantinople-Vatican II », bien que Vatican II n’ait rien décrété à ce sujet.

 

Puisque la fameuse réforme de la réforme a du mal à se mettre en place au plus haut niveau hiérarchique, on pourrait peut-être, à titre de préalable français et francophone, la préparer en corrigeant tout de suite (sans attendre la fameuse révision des traductions des textes liturgiques) ce Credo qui est encore celui de Nicée-Constantinople-Paris ?

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