Le supérieur de la FSSPX reçu à Ecclesia Dei

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Lors de son élection comme supérieur général de Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X, l’abbé Davide Pagliarani avait demandé rendez-vous à Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei. Il est possible qu’il ait été reçu une première fois de manière informelle.

Le 9 novembre, aux doyens du district de France réunis à Saint-Nicolas du Chardonnet, il avait annoncé qu’il serait reçu à Rome dans une quinzaine de jours. C’est chose faite : ce jour, 22 novembre 2018, à 10 h, accompagné de l’abbé Emmanuel du Chalard, il a été reçu dans le bureau de Mgr Pozzo, au rez-de-chaussée du Palais du Saint-Office.

Dans une discussion franche et cordiale, selon les termes habituels des communiqués, l’abbé Pagliarani a demandé à Mgr Pozzo que soient reprises les discussions doctrinales entre la FSSPX et le Saint-Siège, qui s’étaient tenues à Rome de 2009 à 2011, la Fsspx étant représentée par Mgr de Galarreta et les abbés Gleize, de La Rocque et de Jorna.

Ce faisant, l’abbé Pagliarani applique la “ligne Galarreta”, qui veut que tout accord avec le Saint-Siège doit être subordonné à un éclaircissement doctrinal, les questions de foi étant le fondement du désaccord entre Rome et le groupe lefebvriste. Mais sachant que les discussions précédentes avaient examiné ces désaccords en profondeur et avaient permis aux deux parties de bien cerner les points de convergence et de divergence, comment interpréter cette requête de « repasser les plats » ?

À première vue, on pense à une manœuvre destinée à remettre aux calendes grecques la reconnaissance juridique de la FSSPX, qui répugne désormais à une frange notable des prêtres de la Fraternité, notamment français. Selon le principe classique qui veut qu’en politique, lorsqu’on veut enterrer un problème, on nomme une commission pour l’étudier, ici on nommerait une nouvelle commission d’études doctrinales pour ne plus parler de négociations canoniques.

Une autre interprétation est cependant possible : sachant que la direction nouvelle de la FSSPX n’est pas de soi hostile à des aménagements canoniques, comme ceux qui lui ont été récemment accordés (pouvoirs de confesser, de donner l’extrême-onction, de recevoir des mariages), mais qu’elle veut les encadrer et éviter qu’ils soient interprétés comme un début de « ralliement », elle mettrait en avant cette demande doctrinale de manière symbolique, pour montrer que la question de fond reste bien de cet ordre, quitte à négocier aux meilleures conditions possibles un « renouvellement de l’approbation canonique », jadis retirée à la FSSPX par l’évêque de Fribourg.

Les extraits des actes du chapitre d’élection, qui ont été communiqués par l’abbé de Jorna aux prêtres de France, pourraient appuyer cette interprétation : « Il lui revient [au Supérieur général], en prudence et quand l’heure de la Providence sera venue, de prendre en considération une modification du statut canonique, étant sauve la convocation d’un Chapitre préalable.

Mieux encore, le Chapitre précisait : « Dans l’hypothèse d’une structure juridique proposée par Rome, la Prélature personne s’adapterait le mieux à la réalité actuelle de la FSSPX ». Mais le Chapitre ajoute immédiatement : « Elle serait finalisée une fois la question doctrinale résolue de manière satisfaisante pour la Tradition ».

« Résolue de manière satisfaisante » ? On peut comprendre : une fois que la Fsspx se verrait reconnu un droit à la non-réception du concile Vatican II. En réalité, depuis le début, c’est là qu’est le nœud : une sorte de reconnaissance de facto que l’on peut légitiment tenir la doctrine antérieure au Concile est-elle possible ? Le paradoxe est que cela pourrait s’avérer plus facile sous François que sous Benoît XVI.

25 comments

  1. bgousson

    Les conclusions sont fondées sur du virtuel. L’abbé Pagliarani vu se pencher sur le problème de juridiction des mariages qui pose beaucoup de problèmes. L’abbé de Jorna a fait savoir aux fidèles de Caen qu’il était légitime de recourir à la juridiction de suppléance et non la juridiction ordinaire.

  2. DUFIT THIERRY

    Vatican II n’est pas un concile dogmatique et donc n’est pas infaillible.
    Il ya dans les textes du concile des hérésies manifestes : liberté religieuse, collégialité, oecuménisme.
    Vatican II est largement responsable de l’état de délabrement de l’Eglise actuelle.
    Mgr Lefebvre l’avait compris dès 1966. Voir la lettre de Mgr Lefebvre au cardinal Ottaviani de décembre 1966.

  3. Pingback: Vuelven a la Vaticueva los lefebvrianos, inicia la era de Pagliarani | FORO CATÓLICO

  4. C’est vraiment choquant, ce que font les nouveaux membres de la fraternité. Cela donne l’impression qu’ils se considèrent comme une assemblée de purs, des “gens bien comme il faut”, qui avec condescendance, posent implacablement leurs conditions avant de saisir la main tendu de Pierre. Ainsi, Si leurs conditions ne sont pas respectées, ils n’intégreront pas l’Eglise. Cela frise carrément d’un orgueil démesurément mal venu. Or nous savons tous que le père de l’orgueil c’est le démon. Ils sont entrain de faire le jeu du diable. Mais au fond, pour qui se prennent-ils donc ? Pour Dieu ? Vont ils fonder une église de petits parfaits ? Je leur rappelle que malgré son imperfection et ses multiples péchés, c’est bien à Pierre que le Christ a donné mandat de paître ses brebis, pas à eux. Pierre leur avait certes fermé les portes, mais il les leurs ouvre à nouveau, et eux, ils font les fières. Par ailleurs, l’Eglise n’appartient pas à Pierre, mais bien au Christ. S’ils se considèrent donc comme les vrais serviteurs Christ qui dit “vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde”, est-ce en braillant hors de la bergerie qu’ils rendront service à l’Eglise Jésus qu’ils prétendent aimer ? S’ils se considèrent comme le Levain, pourquoi se refusent ils le contact avec la pâte pour la lever ? Il leur a pourtant été expliqué, comme le rappelle DUFIT THIERRY, que le concile n’a jamais été dogmatique, mais pastoral. Rien n’est donc pas figé, les discussions peuvent continuer tranquillement, au chaud, à l’intérieur, “le linge sale se lavant en famille”. Est-ce en se retrouvant à l’extérieur qu’ils pensent influer les décisions de l’Eglise ? Le combat dans l’Eglise en se moment est titanesque, aucun appui n’est de trop. En effet, des forces obscures sont entrain de vouloir dicter leurs lois pour imposer des vues hérétiques. La fraternité pouvait constituer un bataillon supplémentaire pour renforcer les capacités des des troupes (restés fidèles à la doctrine) de plus en plus marginaliser. Je suis d’ailleurs convaincu que Benoit XVI avait lucidement vu venir cette bataille, et avait souhaité que la fraternité rentre très rapidement dans la bergerie pour prendre sa part de responsabilité dans le combat qui se profilait à l’horizon. D’une certaine façon, il leur donnait raison sur bien des points. Il leur a envoyé des signaux très positifs dans ce sens en réintroduisant dans la foulé la messe tridentine, ce qui a d’ailleurs contribué à dédiaboliser cette institution. Souvent, ses ornements liturgiques montraient clairement ses intentions qui consistaient, comme le stipule cet adage à reculer pour mieux sauter, épousant du fait même la sagesse du pape Léon XIII dans Rerum Novarum qui avait dit: “A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” (cf salon beige). Il savait certainement que pour une telle entreprise la présence de la fraternité ne serait pas de trop. Le pontife actuel, contrairement à tout attente, malgré son adhésion aux idéologies nouvelles, leur a fait très bon accueil. Si ce n’est pas un miracle de Dieu, c’est quoi ? ils veulent quoi exactement ? Que Dieu descende sur terre et vienne lui même leur faire la cour pour qu’ils réintègrent l’Eglise qu’il a fondé et qui est en grande difficulté actuellement ? On ne leur impose plus le concile comme condition à leur réintroduction dans l’Eglise. Ils peuvent donc garder entièrement leur intégrité doctrinal. Je ne pense pas que Mgr Lefèvre aurait pu aller à de telle extrémité, lui pour qui l’excommunication est restée une plaie béante dans son âme. Que ses fils spirituels fassent bien attention, la patience de Dieu a des limites. Ils risquent être vomis.

    • Eve

      GuillaumeAlexis,
      Le Concile Vatican II est doctrinal.
      La FSSPX a donc toutes raisons de tenir ferme.
      “la patience de Dieu”, vous ne pouvez pas en définir le contenu et les limites. Les invectives diverses sont
      de trop.
      Voici une explication :
      http://stemilien-valence.cef.fr/notre-paroisse/messe-en-forme-extraordinaire-du-rite-romain-a-notre-dame/
      Si bien des communautés religieuses ont conservé le rite d’avant Vatican II, cela a pu être seulement parce que Mgr Lefebvre s’est levé (avec 3 autres évêques) pour défendre le rite latin.
      Si personne ne s’était levé alors, le nouveau rite aurait été imposé à tous.

      Le Pape Benoit XVI a affirmé que l’ancien rite, dit extraordinaire n’avait jamais été abrogé, en 1988.
      Cette reconnaissance de la validité du rite latin a permis la création, l’année même, en 1988, de la FSSP, en communion avec le Saint Siège.

      L’article se termine par cette question :
      “une sorte de reconnaissance de facto que l’on peut légitiment tenir la doctrine antérieure au Concile est-elle possible ? ”
      Oui, puisque le rite de toujours n’a jamais été abrogé, la Doctrine qui le définit n’est donc pas abrogée non plus.
      D’autre part, on peut comparer avec les Eglises séparées qui reviennent dans l’Eglise Catholique ont le droit de conserver pendant des années (100 ans ou plus, à vérifier) leurs rites existants afin d’adopter progressivement le rite catholique selon le choix des paroisses.

      • @ Eve Et maintenant, puisque nous ne sommes d’accord actuellement, nous autres, avec certains points de la doctrine, on gagne la porte ? on pose nos conditions ? On forme notre petit groupe à côté et on attend ? Que serait il advenu de ces grands réformateurs, qui, sans quitter l’Eglise, l’on sauver ? Et si le pape Grégoire était resté hors de l’Eglise serait il devenu pape ? puisqu’il n’allait pas être cardinal de la sainte Eglise ? Aurait il eu la possibilité d’instituer ” le rite de toujours ” que vous défendez maintenant ? Sachez que c’est dans l’Eglise que le débat et la transformation se font. Qui vous dit qu’il ne peut y avoir un cardinal, puis un pape provenant des rangs de la fraternité qui pourrait alors entreprendre les réformes souhaités ? Qu’ils rentrent dans la bergerie ! c’est le préalable. Le reste suivra avec le temps.

    • Théo

      @ GuillaumeAlexis – “En effet, des forces obscures sont entrain de vouloir dicter leurs lois pour imposer des vues hérétiques”, vrai, c’est à vomir, vous sortez de l’oeuf ! Cependant il semble bien qu’avec retard vous soyez de l’avis de Mgr Lefebvre.
      Soixante ans et plus que çà dure. Avec Vatican 2 cette situation est bien établie. Le Pape Bergoglio vient de faire “saint” le Pape Paul 6 ! Il semble bien que l’Eglise déjà malade est entrain de tomber dans un cul de sac.

      • @ Théo – ” Il semble bien que l’Eglise déjà malade est entrain de tomber dans un cul de sac.” ok ! c’est bien vrai et j’ajoute, en disant que la barque de pierre est entrain de prendre l’eau de toute part. On reste donc à l’écart et on la regarde couler ? Il me semble que la logique élémentaire voudrait que pour colmater une brèche, on entre d’abord et on s’installe avant de commencer un travail ? Est possible de colmater une brèche étant hors de l’objet défaillant ? Je vous la pose cette question !!!

  5. Justine

    Que c’est laid ! A mon avis vous vous vomissez dessus.
    Çà ne vous choque pas plutôt que le pape Bergoglio a “canonisé” Paul6 qui a démoli l’Eglise ! Fruits de sa messe neoprotestante : crise des vocations, crise des prêtres qui ont abandonné le sacerdoce par milliers, crise de la foi et du catéchisme, effondrement de la pratique religieuse qui voient les églises se vider au gré des expériences liturgiques, des abus en tous genres, de la “créativité”et de la vulgarité envahissant le temple de Dieu. Il a suivi le courant dévastateur du dernier concile, il a refusé de voir la réalité en face. Il était trop prétentieux imbu de sa personne et imbu du culte de l’homme avec ses amis francs macons. Il a préféré reléguer le Christ dans nos églises. Il est mort tourmenté au milieu des fumées de satan entrées par les portes et les fenétres qu’il leur avaient largement laissées ouvertes.
    La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X a toutes les raisons et plus de se méfier et de prendre toutes les précautions dans l’intérêt de l’Eglise et la Gloire de Dieu le Christ Sauveur des hommes.

  6. C’est une secte, point barre ! Il suffit de les observer (observation flottante et participative, selon la méthodologie des sociologues) et de quelques entretiens informels, car ils ne se livreront jamais à un entretien formel, et semi-directifs, pour aller au-delà du discours convenu et institutionnel, pour comprendre que c’est une secte : il n’y a aucune reconnaissance du magistère des papes qui ont succédé à Pied XII, et une critique féroce du cœur de la vie chrétienne : la messe. C’est une secte. Mais ce qui est intéressant pour le sociologue des religions, ce sont les jeunes générations de prêtres et de fidèles de cette secte. Et la comparaison avec d’autres mouvements sectaires. D’ailleurs, ils sont beaucoup nombreux que d’autres mouvements sectaires dans le monde, et leur prêtre ne représente que 0,1% des prêtres catholiques dans le monde. A suivre…

    • @ Deo gratias “D’ailleurs, ils sont beaucoup nombreux que d’autres mouvements sectaires dans le monde, et leur prêtre ne représente que 0,1% des prêtres catholiques dans le monde. A suivre…” Alors, venez renforcer leur nombre, car comme dit un adage populaire : “L’union fait la force”

  7. FDebrue

    Si ce n’est pas un miracle de Dieu, c’est un piège grand ouvert ! Tout simplement.
    Ne sous-estimez pas les capacités d’écrasement que l’Eglise officielle a conservés malgré son effondrement dogmatique, doctrinal, spirituel et moral. De nombreuses congrégations en ont fait les frais. La FSSPX ne sera pas au dessus du lot.

  8. Et maintenant, je parle de ma position de catholique. Les négociations de Benoît XVI avec la FSSPX sont une erreur de son pontificat. J’ai une grande admiration pour notre Pape émérite, il marche vers la sainteté, mais il a pu faire aussi des erreurs. Et ces négociations sont une erreur qui nous a valu le pape actuel. Et, d’ailleurs, que rêvent certains proches du pape actuel ? Une fédération d’églises catholiques. Comme pour les protestants. Et en réintégrant la FSSPX, c’est ce qui se passera. Comme ça, avec le MRJC et autre conférences des baptisé.es, ce sera l’auberge espagnole ! Et bien, non… Il faut être aussi ferme que le cardinal Müller sur cette question. Ou la FSSPX accepte entièrement la messe selon la forme ordinaire du rite romain, le concile Vatican II et le magistère des papes depuis Pie XII, et l’enseigne dans leurs séminaires, ou la FSSPX reste là où elle est. Ce qui ne changera pas la face du monde ni de l’Eglise catholique. Et c’est la même méthode qu’il faut employer avec le MRJC et les autres hérétiques du même acabit. Sinon, c’est juste l’auberge espagnole, ce qui fait bien rire les adversaires de l’Eglise…

  9. Suite et fin… A propos de l’auberge espagnole (cf. message ci-dessus), je pensais à cette blague que m’avait raconté il y a fort longtemps un gauchiste un peu plus lucide que les autres : ” Tu sais ce que c’est qu’un trotskiste qui se regarde dans un miroir ? – Ben, non ! – Une scission !” Derrière la blague, il y a une vraie remarque intéressante. Il s’agit bien d’une recherche de soi. En miroir. Que l’on prend pour un mouvement altruiste. Et c’est la même chose pour l’Eglise catholique qui devient une fédération d’églises catholiques. Chacun contemple et/ou active son petit moi dans le miroir de sa petite église catholique. Pour en sortir : faire confiance à Dieu, c’est à dire à un Autre. C’est a dire : au catéchisme de l’église catholique. Et au magistère. Sinon, pour le MRJC et consorts, c’est la recherche de soi. Et pour la FSSPX et consorts, c’est la recherche de soie…

    • Bainville

      “…une critique féroce du cœur de la vie chrétienne : la messe…”

      Quelle perception inversée de la réalité avec laquelle vous êtes visiblement en froid. La messe de 1969 s’oppose au saint sacrifice bi-millénaire sur des point capitaux, et Paul VI a, malgré les termes impératifs de l’encyclique de Saint Pie V, imposé ce rite crypto protestant, acculant au désespoir bien des prêtres.

      Vous ne vous en tenez qu’aux apparences, au naturel, au superficiel.

      La théologie et la doctrine nouvelles de l’Eglise, concernant le sacrifice de la messe, les sacrements, les fins dernières, le concept de liberté religieuse qui ne consiste pas à proclamer n’importe quelle hérésie au détriment du salut de tous, tout cela , vous ne l’abordez pas, alors que le combat de la foi, à temps ou à contre temps est de l’essence même du combat sacerdotal.

      La Fraternité Saint Pie X est un des plus beaux fleurons de l’Eglise éternelle, pas le seul,bien sûr, fidèle au Dépôt de la Foi, confirmé par de nombreux conciles dogmatiques ET pastoraux.

      L’essentiel, ce sont les séminaires et la conception immuable du sacerdoce, le prêtre est un autre Christ, un sacrificateur; pour le prêtre, les paroles de la Consécration sont dites de manière forte, personnelle, silencieuse, et non pas comme le récit de l’institution, à la manière de l’apostasie protestante, et d’abord luthérienne.

      Mgr Lefebvre, vous l’oubliez un peu, a été héroïque, sans ambition personnelle, au contraire, dans sa défense de la Messe, sacrifice propitiatoire pour les vivants et les morts.
      La messe de 1969 mise au point par Mgr Bugnini, et sanctionnée par le Pape Paul VI, se définissant par “la présence spirituelle du Christ au milieu de plusieurs personnes se réunissant en son nom” n’assure pas la continuité dogmatique et théologique avec la Messe substantiellement inchangée depuis le IV ème siècle, Mgr Ottaviani, deuxième personnage de l’Eglise le rappelle avec force.
      Rappelez vous les fortes paroles concluant l’encyclique Quo primum de 1570, confirmant la sainte Messe, de la part de Saint Pie V:
      “Malheur à celui qui oserait toucher ce Missel, et persécuter ceux qui s’y tiendraient, la colère de l’Apôtre Pierre et de l’Apôtre Paul les poursuivrait…”

      Le matérialisme et l’esprit du triomphe de l’homme ne tirant plus sa dignité de son Rédempteur, mais d’une liberté ressortissant au libre examen du protestantisme, ne sont pas de bons critères pour juger de ceux, fort minoritaires, qui persévèrent avec les milliards de catholiques, de Saint Paul à Saint François de Sales, et au saint Padre Pio, dans la fidélité à l’enseignement des Apôtres.

      L’héroïsme dans la défense de la Foi, de l’intégralité du Dépôt Sacré, ne peut cohabiter avec la volonté de complaire au Monde, de rechercher son approbation.

  10. bgousson

    M Guillaume Alexis. La FSSPX ne recherche pas un bon accueil du pape mais elle attend qu’il défende la Foi et la morale catholiques!
    Or que fait-il? Il persécute les Franciscains de l’Immaculée. Il a attaqué le mariage catholique avec Amoris Laetitia. Il veut ouvrir l’Eglise aux débauchés. Il prône l’invasion de nos pays par les migrants. Et j’en passe.
    Oui, le problème est doctrinal et la FSSPX ne pourra pas collaborer avec un pape qui détruit l’Eglise tel un fils qui ne peut collaborer avec un mauvais père.

  11. De plus en plus les faits semblent donner raison à la FSSPX. Il suffit de suivre l’actualité religieuse de ces derniers temps ….c’est épouvantable ….
    Qui sont-ils ? de simples fidèles qui veulent rester catholiques ! Il n’y a aucun orgueil à cela mais une fidélité à la doctrine catholique.
    Quand on voit l’apostasie générale engendrée par le concile vatican II, on se dit qu’ils ont bien raison de s’écrier avec St Paul :
    Pourtant, si nous-mêmes, ou si un ange du ciel vous annonçait un Évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème !
    (a lettre de saint Paul Apôtre aux Galates (1, 6-12))

    Pierre KERVELAN

  12. N’étant pas en mesure de répondre à tous, je voudrais rappeler ceci : Si vous lisez bien entre les lignes, mon coup de gueule traduit une déception. Je ne connait pas bien la FSSPX, mais je présent en elle un très grand potentiel qui, s’il n’est pas mis au service du peuple de Dieu dans son ensemble, restera une vrai perte, un gâchi. L’Eglise est fondé sur Pierre et le Pierre actuel c’est le pape François. Mauvais ou pire, Hérétique, c’est le pape de l’Eglise catholique romaine. Il n’est pas mon préféré mais c’est lui qui est en place et le Christ ne nous a pas laissé d’autres choix. La force de notre Eglise est qu’elle a toujours su se renouvelé dans le temps. Lorsque nous jetons un regard en arrière sur son parcours, nous constatons qu’elle n’a jamais été un long fleuve tranquille. Il y a eu des papes hérétiques effectivement, je pense sur ce point au fameux concile cadavérique où on a fait le procès d’un pontificat avec les restes d’un pape sur sa cathèdre. Ces gens là n’ont pas quitté l’Eglise, ils sont restés dans l’Eglise et ils ont su être patients. la FSSPX est en ce moment hors de l’Eglise, c’est un fait. Elle a certes de bonnes idées, elle est hors de l’Eglise et ses bonnes idées ne profitent pas au plus grand nombre. Elle doit réintégrer la bergerie pour partager ses vertus à tous. Le Christ dit : « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n’est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent.
    « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » Matthieu (5, 13-16). Ne restez donc pas sous le boisseau (hors de l’Eglise). L’occasion vous est donné d’être sur “le lampadaire” et le lampadaire, c’est l’Eglise qui elle, est universelle. On ne vous demande rien pour votre réintégration, ne compliquez pas vous même votre entrée. Il y a déjà certains mouvement dans ce sens au sein de l’Eglise à l’instar de la fraternité saint pierre. certains cardinaux dans la curie célèbrent même le rite qui vous est chère et le défende au prix de certaines brimades et frustrations. Le peuple chrétien, qui vous connait peu, vous connaîtra d’avantage, ainsi “en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.” Et sur ce point, même un mauvais pape n’y pourra rien !!!

  13. Enfin, il y a cette lettre d’un prêtre qui m’avait beaucoup touché. A l’époque, l’acceptation du concile était la condition sans laquelle toute réintégration était possible. Maintenant, avec pape François, aucune condition n’est exigée.

    [Benoit et Moi] Lettre du Père Scalese à Mgr Fellay
    SOURCE – original italien – 27 juillet 2009

    Lettre ouverte à Mgr Fellay

    Excellence Révérendissime,
    Je ne sais pas si cette « lettre ouverte » arrivera jamais entre Vos mains. Je la confie aux anges, afin qu’ils Vous la remettent personnellement. Une autre fois déjà, j’avais écrit un article en ayant en tête votre Fraternité ; je l’ai publié sur ce blog (ce fut mon premier post), et il arriva miraculeusement à destination : il fut repris par vos sites et défini comme « très intéressant » (ndt: il est traduit en français ici: L’esprit du Concile).

    Cette fois, je m’adresse à vous, parce que je sais que les préparatifs des entretiens doctrinaux avec le Saint-Siège sont en cours, depuis longtemps réclamés par vous, et finalement accordés par le Pape Benoît XVI, avec la rémission de l’excommunication. À ce que je crois, Vous êtes déjà allé à Rome pour prendre les premiers contacts avec la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

    Personnellement, j’ai toujours été d’avis qui il n’y avait pas besoin d’« entretiens » pour la réadmission dans la communion de l’Église catholique. L’unique chose nécessaire, à mon avis, devrait être la profession de foi prévue par le droit canon. Dès lors que nous partageons la même foi, nous devrions être en pleine communion. Sur le reste, qui n’est pas compris dans cette profession de foi, je considère qu’il est toujours possible de discuter librement, mais en étant à l’intérieur, pas à l’extérieur de l’Église. L’acceptation du Concile, qui s’est lui-même défini « pastoral », ne devrait pas, selon moi, être une condition pour la réadmission dans la communion ecclésiastique. Je suis d’accord qu’une réflexion sur la valeur et l’interprétation de Vatican II est plus que jamais urgente ; mais il ne me semble pas qu’elle doive être objet d’une négociation entre le Saint Siège et la Fraternité Saint-Pie X ; cela me semble plutôt être un problème qui concerne l’Église tout entière. C’est pour cette raison que j’ai proposé à plusieurs reprises dans ce blog que le prochain Synode des Évêques soit consacré à l’interprétation du Concile.

    Mais peu importe ce que je pense: à ce qui semble, tant de votre côté que de celui du Siège Apostolique, une clarification sur Vatican II est considérée comme une condition préalable à tout autre type d’accord. D’où la nécessité d’« entretiens doctrinaux ». Eh bien, puisque ces entretiens doctrinaux auront bien lieu, permettez que je vous donne quelques conseils. Non que je prétende en savoir plus que Vous, mais seulement pour vous exprimer, dans un esprit de charité fraternelle, ce que je ressens en cet instant délicat.

    Avant tout, lorsque vous viendrez à Rome pour discuter avec la CDF, ne venez pas dans les habits de celui qui conteste ou, pire, qui refuse le Concile. Cela signifierait la faillite immédiate de tout dialogue. Venez plutôt comme quelqu’un qui accepte Vatican II pour ce qu’il a voulu être, et a effectivement été, c’est-à-dire un concile pastoral. Dites aussi au Cardinal Levada que l’unique chose que vous refusez – et sur ce point nous sommes tous d’accord – c’est l’absolutisation et l’idéologisation du Concile, et pas le Concile en tant que tel. Dites-lui aussi que vous trouvez dans les documents de Vatican II quelques textes ambigus. Là aussi, le Cardinal Levada devrait en convenir avec Vous. Paul VI lui-même trouva ambigu le traitement de la collégialité épiscopale selon Lumen gentium, au point qu’ii éprouva le besoin d’annexer à cette constitution une « Nota praevia ». Ajoutez que, puisqu’il y a des ambiguïtés dans les textes conciliaires, une œuvre d’interprétation est rendue nécessaire. Mais, je vous en prie, ne vous présentez pas avec la prétention d’être, Vous ou Votre Fraternité, parmi les interprètes du Concile, ceux qui font autorité. Demandez plutôt que ce soit le Siège Apostolique qui donne une interprétation authentique des passages les plus obscurs. Cela a déjà été fait (la « Nota praevia » ; l’explication de sens de l’expression « subsistit in »), mais beaucoup reste encore à faire. Le critère général de cette interprétation a été déjà indiqué par Benoît XVI dans le discours à la Curie Romaine du 22 décembre 2005 : l’herméneutique de la réforme en opposition à l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture. Et dites-lui que, sur ce point, non seulement vous êtes pleinement d’accord avec le Saint-Père, mais vous voulez vous mettre à sa complète disposition pour l’aider dans cette œuvre de relecture du Concile dans le sillage de la tradition ininterrompue de l’Église.

    Excellence Révérendissime, je suis sûr que sur ce que j’ai écrit jusque là, nous sommes dans une large mesure d’accord. Il me semble le percevoir par le ton de Vos dernières interventions, beaucoup plus conciliant et ouvert qu’avant. Mais je sais aussi que vous devez tenir compte, à l’intérieur de la Fraternité, de positions plus maximalistes, qui vous mettent en garde d’être trop conciliant vis-à-vis du Saint-Siège. À mon modeste avis, vous devriez faire comprendre à Vos confrères qu’ils n’ont rien à gagner, en ce moment, à se raidir sur des positions intransigeantes. Le Saint-Père a déjà fait beaucoup de pas vers vous ; maintenant c’est à vous de faire quelques pas vers lui.

    Cela ne signifie pas céder sur vos principes ; parce que, si vraiment vous avez à cœur le sort de l’Église, il n’y a pas d’endroit meilleur, pour faire valoir ces principes, que l’Église elle-même. En restant dehors, vous laisserez l’Église à la merci de ces forces destructives qui l’amènent peu à peu à la ruine. Tant que vous continuerez à refuser le Concile, ces forces auront beau jeu de dire: « Vous voyez? Ils sont hors de l’Église, parce qu’ils refusent le Concile ; nous sommes la vraie Église, parce que nous acceptons, défendons et réalisons le Concile ». Si vous aussi acceptez le Concile, ils en resteront déconcertés ; et là, on verra bien qui est vraiment catholique et qui ne l’est pas ; celui qui interprète le Concile à la lumière de la tradition et celui qui l’interprète idéologiquement, en appelant à son prétendu « esprit ».

    Cela ne signifie pas non plus trahir l’héritage de Mgr Lefebvre. Vous savez mieux de moi que votre Fondateur participa au Concile, en donnant une contribution considérable aux discussions et à l’élaboration de ses documents, qu’il approuva et signa dans leur totalité. Comment cela peut-il être? Ne se rendait-il pas compte des ambiguïtés qu’ils contenaient ? Évidemment, il espérait qu’on pouvait en donner une interprétation orthodoxe. Ce fut seulement lorsqu’il vit que l’interprétation et l’application du Concile était devenues le monopole des modernistes qu’il raidit ses positions. Je suis convaincu que, s’il avait vu qu’il y avait de la place dans l’Église pour continuer ses luttes de l’intérieur, il ne serait jamais arrivé à une rupture avec le Siège Apostolique. Maintenant que cet espace existe, et que c’est le Souverain Pontife lui-même qui vous l’offre, il me semblerait choquant de ne pas exploiter cette occasion unique. Il s’agit de choisir de rester dans le sein de l’Église et de là, y accomplir un rôle, certes difficile, mais précieux pour la sauvegarde de la tradition et de la revitalisation de l’Église même; ou bien préférer rester en marge, ou même hors de l’Église, avec le risque de se transformer en sarment séparé de la vigne, destiné à se dessécher.

    Excellence, pardonnez-moi si je me suis permis d’intervenir sur des questions si délicates. Je peux vous assurer que, de mon côté, il n’y a ni prétention ni intérêt d’aucune sorte, il y a seulement le désir de voir le rétablissement de la pleine communion dans l’Église. L’Église a besoin de vous et vous avez besoin de l’Église.

    Je saisis l’occasion pour me réaffirmer, de Votre Excellence Révérendissime, le très dévoué

    Giovanni Scalese, CRSP (*)

    (*) Clerc Régulier de Saint-Paul

  14. Deo gratias

    Suite et fin… Et cette recherche de soi(e), version libérale pour le MRJC et consorts, ou ultra-libérale pour la FSSPX et consorts, est stérile, c’est-à-dire qu’elle ne porte aucun fruit : les gauchistes du MRJC et consorts ne sont plus qu’une poignée d’individus vieillissants ; les prêtres pseudo-catholiques de la FSSPX représentent à peine 0,1% des prêtres catholiques dans le monde. La recherche de soi(e) est une forme post-moderne d’idolâtrie, tout aussi stérile que l’idolâtrie dénoncée par les prophètes de l’Ancien Testament…

  15. Bainville

    Parmi de multiples arguments montrant l’ignorance et l’esprit fermé de certains excluant, “motu proprio”, de l’Eglise ceux qui ne leur plaisent pas:

    La FSSPX ne peut pas être considérée
    comme « schismatique » au sens propre ou
    formel
    C’est ce qu’a déclaré en 2005 le cardinal Castrillôn
    Hoyos, à cette époque Préfet de la
    Congrégation pour le Clergé et président de la
    Commission Pontificale Ecclesia Dei. Voici ses
    déclarations :
    1 – « Hélas Mgr Lefebvre a procédé aux
    sacres et il en est résulté une situation de
    séparation, même s’il ne s’agit pas d’un
    schisme au sens formel » ;
    2 -«La FSSPX est une institution ecclésiastique
    composée de prêtres validement ordonnés bien que de façon illégitime » ;
    3 – « L’existence de groupes de traditionalistes
    qui ne reconnaissent pas les derniers
    Papes, ceux que l’on appelle les sédévacantistes”, est une autre affaire, qui ne concerne pas la FSSPX.

    Trois mois plus tard, toujours en réponse à des
    questions, le prélat réaffirmait que :
    1 – « La Fraternité n’est pas hérétique »
    2 – « Au sens strict du terme, on ne peut pas
    dire que la Fraternité est schismatique » .
    3- Neuf ans plus tôt, le cardinal Edward Cassidy,
    qui était à l’époque Président du Conseil Pontifical
    pour l’Unité des Chrétiens, afin de mettre fin à des
    équivoques récurrents et malveillants, avait déclaré
    publiquement que « la Messe et les sacrements
    administrés par les prêtres de la Fraternité Saint
    Pie X sont valides »
    4.
    Le fait que la FSSPX ne puisse pas être considérée
    comme « schismatique » au sens « propre
    et formel » est attesté en premier lieu par la doctrine.
    Peu de temps avant les célèbres sacres du
    29 juin 1988, le Pr. Rudolf Kaschewski, éminent
    canoniste allemand, tout à fait indépendant du
    mouvement « lefébriste », avait démontré dans
    un bref et magistral article que, sur la base du
    Code de 1983, une consécration épiscopale sans
    mandat pontifical ne pouvait pas être punie d’excommunication
    5. En 1995, les juristes de l’Université
    Pontificale Urbanienne approuvèrent une
    « petite thèse de licence » en droit canonique du
    Père américain Gerald Murray, qui n’est aucunement
    « lefébriste », dans laquelle il soutenait que
    l’excommunication prononcée contre
    Mgr Lefebvre et les autres évêques ne pouvait
    pas être considérée comme valide au point de
    vue du strict droit canonique, pas plus que l’accusation
    connexe de schisme au sens formel

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